samedi 10 octobre 2015

Antigone - Jean ANOUILH

Auteur : Jean ANOUILH
Titre : Antigone
Edition originale : Éditions La Table Ronde - 1946

Genre : théâtre / tragédie

Edition lue : Éditions La Table Ronde - 1974
Nbre de pages : 128 pages
ISBN : 9782715203471
Prix : 5.90 €
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Quatrième de couverture
Après Sophocle, Jean Anouilh reprend le mythe d'Antigone. Fille d'Oedipe et de Jocaste, la jeune Antigone est en révolte contre la loi humaine qui interdit d'enterrer le corps de son frère Polynice. 
Présentée sous l'Occupation, en 1944, l'Antigone d'Anouilh met en scène l'absolu d'un personnage en révolte face au pouvoir, à l'injustice et à la médiocrité.


Extrait
Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout... Et, depuis que ce rideau s'est levé, elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa soeur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir.
Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l'heureuse Ismène, c'est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé d'Antigone. Tout le portait vers Ismène : son goût de la danse et des jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi, car Ismène est bien plus belle qu'Antigone, et puis un soir, un soir de bal où il n'avait dansé qu'avec Ismène, un soir où Ismène avait été éblouissante dans sa nouvelle robe, il a été trouver Antigone qui rêvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et il lui a demandé d'être sa femme. Personne n'a jamais compris pourquoi. Antigone a levé sans étonnement ses yeux graves sur lui et elle lui a dit «oui» avec un petit sourire triste... L'orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismène riait aux éclats, là-bas, au milieu des autres garçons, et voilà, maintenant, lui, il allait être le mari d'Antigone. Il ne savait pas qu'il ne devait jamais exister de mari d'Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.
Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c'est Créon. C'est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d'Œdipe, quand il n'était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place.



Le mot de l'auteur
L'Antigone de Sophocle, lue et relue et que je connaissais par coeur depuis toujours, a été un choc soudain pour moi pendant la guerre, le jour des petites affiches rouges. Je l'ai réécrite à ma façon, avec la résonance de la tragédie que nous étions alors en train de vivre.


Mon avis
J'ai dû en lire des pièces de théâtre et des tragédies dans le cadre de mes études littéraires. Jamais je n'ai su les apprécier. Jusqu'au jour où j'ai découvert Antigone de Jean ANOUILH, qui était sur la liste de mon bac de français.

Et là, ce fut une révélation, j'ai enfin apprécié les deux genres, le théâtre et la tragédie. Peut-être est-ce dû au fait que cette tragédie antique ait été réécrite ici par un auteur contemporain ? Je n'en sais absolument rien mais toujours est-il que je ne me lasse pas de lire et relire régulièrement cette pièce depuis maintenant 30 ans.

C'est triste... C'est triste mais c'est beau. On a beau savoir dès le départ que ça va mal finir (ce qui est le propre de la tragédie), il n'en reste pas moins que l'intrigue nous tient en haleine jusqu'au bout, exactement comme si on ne connaissait pas la fin. Pourtant, on la connaît parfaitement, elle est même clairement exprimée dès les premières lignes du livre. 

Mais bon, on ne peut pas s'y résoudre. On ne peut que ce dire que ce n'est pas possible, qu'il va y avoir un rebondissement, que les choses vont s'arranger. 

En clair, on espère... et on espère jusqu'au bout !


Ma note
★ Super ! Une lecture que je l'ai autant appréciée à 17 ans qu'aujourd'hui, à 47...




Cette lecture a participé aux challenges
2015 Reading Challenge (un livre adapté au cinéma) - Petits plaisirs (128 pages)

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